Les légionnaires parachutiste en Indochine
En 1948, les nécessités opérationnelles en Indochine rendaient la présence de parachutiste de plus en plus nécessaires et les Corps spécialisées existants ne suffisaient plus. Il devenait indispensable de transformer des troupes d'infanterie en troupes aéroportées.
"Debout légionnaire, c'est le signal du saut…"
En 1948, les nécessités opérationnelles en Indochine rendaient la présence de parachutiste de plus en plus nécessaires et les Corps spécialisées existants ne suffisaient plus.
Il devenait indispensable de transformer des troupes d'infanterie en troupes aéroportées.
C'est à la Légion qu'échut l'honneur de cette création.
Le 1er avril 1948, le 3ème REI forme en son sein une Compagnie Parachutiste qui doit renforcer le 3/1er RCP. Placée sous le commandement du Lieutenant MORIN, elle effectue dès le 26 avril une opération aéroportée sur Van Xa. Les 9 et 10 juin la voient sauter sur Cao-Bang pour renforcer la garnison. Cette Compagnie sera dissoute le 31 mai 1949 et son effectif sera versé au 1er BEP
Créé le 1er juillet 1948, le 1er Bataillon étranger de parachutiste voit le jour à Khamisis, près de Sidi-Bel-Abbès. Le Capitaine SEGRETAIN en prend le commandement et ce 1er BEP débarque à Haiphong le 12 novembre 1948.
Déjà le 28 mars 1948 avait été décidée la formation au Maroc d'un Bataillon étranger de parachutiste. Implantées à Sétif, ce n'est que le 9 octobre que sont officiellement créés le C.C.B et la 1ère Compagnie du 2ème BEP. Les détachements arivent peu à peu et sont rapidement dirigés vers l'école de saut de Philippeville. Les deux autres Compagnies formées par le 4ème REI viennent du Maroc. Après avoir reçu son fanion le 18 novembre, le 2ème BEP embarque le 13 janvier 1949 pour l'Indochine sur le "Maréchal Joffre" et touche Saïgon le 9 février. Le 13, il fait route sur Phoom Peng.
"Peuvent pleuvoir grenades et gravats…"
L'année 1949 sera partagée entre le Cambodge et la Cochinchine où le Bataillon connaît les rudes combats de la Plaine des Joncs. Les unités placées en alerte aéroportée sont alors parachutées dans tout le sud de l'Indochine.
L'année 1950 le voit intrevenir au cours d'opérations aéroportées amphibies ou de surface en Annam et au Laos.
Le 1er avril à Ba Cum, la 2ème Compagnie se distingue par un magnifique fait d'armes qui lui vaudra une citation particulière à l'ordre de l'Armée.
En octobre 50, le 2ème BEP fait mouvement sur le Tonkin, le 1er BEP ayant disparu provisoirement, décimé en assurant la retraite des garnisons de Cao Bang, That Ke et Langson.
Dès leur arrivée, les 1ère et 2ème Compagnies forment un Sous-Groupement parachuté à Xin Ma Kay (Haut Tonkin) pour procéder au repli des garnisons de Pakha et Hoang Suphi préssées par un ennemi très supérieur en nombre.
Jusqu'en juillet 1951, le 2ème BEP participe sans relâche à la défense du Tonkin.
Le 8 août, le Bataillon fait mouvement sur l'Annam où il y reste juqu'au 29 septembre. Il revient quelques jours à Hanoï puis est largué en pays Thaï afin de créer une diversion sur les arrières des rebelles qui encerclent Ngia Lo. A l'issue de cette opération éprouvante, un pont aérien ramène le Bataillon à Hanoï entre le 19 et le 24 octobre.
Son implantation dans le sud est alors ordonnée et il s'installe à Baquéo, près de Saïgon, du 26 novembre au 2 décembre. Envoyé à nouveau dans le Delta Tonkinois, le Bataillon participe aux opérations du secteur de Ba Vi et de la Rivière Noire. Pendant toute l'année 52 et jusque début avril 1953 se succèdent des mois d'opérations continuelles sur le pourtour et à l'intérieur du Delta.
Hélas, le Chef d'escadrons RAFFALLI est grièvement blessé le 1er septembre 1952. Depuis près de deux ans, il conduisait son unité de succès en succès. Evacué à Hanoï puis à Saïgon, il succombe de ses blessures le 2 septembre.
Le 17 juillet 1953, le 2ème BEP saute à Loch Bing. Il a pour mission de préparer le repli sur Din Lap des éléments qui doivent opérer la destruction de la base Viet. Cette opération réussit au-delà de toute espérance vaut au 2ème BEP sa 4ème palme en 4 ans d'existence.
Jusqu'en janvier 54, les opérations dans le Delta et ses abords se succèdent sans interruption.
Les héros ne veulent pas mourir…
Le 10 janvier 1954, le 2ème BEP est dirigé à nouveau sur le sud jusqu'à mi mars.
Viennent ensuite quinze jours de repos mérités sur Hanoï et c'est enfin le couronnement d'une épopée magnifique.
Les 9 et 10 avril , le 2ème BEP est largué au dessus du camp retranché de Dien Bien Phu.
Il y retrouve son frère d'armes le 1er BEP qui depuis le 21 novembre 1953 participe à la terrible bataille.
Le 23 avril, le Bataillon est chargé d'une contre attaque sur Huguette 6 dont la fureur des combats décimera la grande majorité des compagnies.
Quelques jours plus tard, le 25 avril, il reste tout juste assez d'hommes pour former un seul "Bataillon de marche étranger de parachutiste" à effectif très réduit.
C'est encore durant les 12 jours et les 12 nuits un combat continuel dans des conditions de cauchemar.
Le 7 mai, à 18 heures, le combat cesse.
Le 2ème BEP, lui, n'existe plus qu'à l'état de base arrière et de blessés dans les hôpitaux.
Le 25 mai, des éléments du 3ème BEP débarquent à Haïphong. Ils se réunissent autour des vestiges du 2ème BEP dont ils reprennent l'appellation.
Le 14 juillet, le 2ème BEP défile à nouveau dans les rues de Hanoï.
Après l'armistice, le bataillon fait mouvement vers le sud où il réalise un dernier accrochage avec les viets le 30.
Le 18 août, le 2ème BEP reçoit la fourragère aux couleurs de la médaille militaire pour les immenses sacrifices consentis par ses aînés.
Le 14 juillet 1955, le 2ème BEP reçoit, suprême honneur, la fourragère rouge de la Légion d'honneur au titre de ses six citations à l'ordre de l'Armée obtenue en six ans de combats âpres et ininterrompus : MORE MAJORUM.