Archevêque Hiéronymos II, nouveau primat pour l'Église de Grèce
08.02.2008
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Par ieromonakh Aleksij
Hiéronymos II Archevêque d Athène - primat pour l'Église de Grèce
Âgé de 70 ans, l'archevêque Hiéronymos II est généralement présenté par la presse grecque comme " un réformateur modéré ", connu pour entretenir de bonnes relations avec le patriarche œcuménique Bartholomée Ier et pour s'être opposé, à plusieurs reprises, aux orientations de son prédécesseur, notamment en ce qui concerne la gestion du patrimoine de l'Église de Grèce ou encore lorsque l'archevêque Christodoulos avait remis en cause la charte de 1927 qui régit les relations entre l'Église de Grèce et le patriarcat œcuménique concernant l'administration des diocèses de la Grèce du Nord. Plus discret que son prédécesseur, l'archevêque Hiéronymos II a la réputation d'être un intellectuel et un homme d'appareil, qui connaît bien les rouages de l'Église de Grèce, mais qui préfère éviter les médias. L'intronisation solennelle du nouveau primat aura lieu après la ratification de son élection par décret présidentiel, l'Église de Grèce n'étant pas séparée de l'Etat. Conformément aux statuts de l'Église de Grèce et à la charte de 1977, l'élection du nouvel archevêque s'est déroulée lors d'une assemblée plénière de l'épiscopat, dans la cathédrale de l'Annonciation, à Athènes, réunissant, à huis clos, en une seule session ininterrompue, soixante-quatorze des soixante-dix-huit évêques diocésains en exercice (quatre s'étant fait excuser pour raisons de santé), sous la présidence du métropolite Séraphin de Kalystia, doyen en âge au saint-synode, et en présence du ministre de l'Éducation et des cultes, Euripide Stylianidis. Moins de trois heures de délibération et deux tours de scrutin ont été nécessaires pour départager les quatre candidats déclarés, les métropolites Hiéronymos de Thèbes, Eustache de Sparte, Anthime de Thessalonique et Ignace de Dimitrias, qui ont obtenu respectivement au premier tour 33, 26, 7 et 7 voix (plus 1 bulletin blanc). Au deuxième tour, ne restaient plus en présence que les métropolites Jérôme et Eustache, qui ont obtenu 45 et 27 voix (plus 2 bulletins blancs). La majorité requise pour être élu au deuxième tour était de 38 voix. Dès l'annonce du résultat final, un porte-parole du gouvernement, Evangelos Antonaros, a transmis les " félicitations du gouvernement au nouvel archevêque dans la tâche très importante qui l'attend, pour le bien de l'Église et du pays ", a indiqué l'agence d'information athénienne ANA-MPA.
L'archevêque Hiéronymos II (dans le monde Ioannis Liapis) est né le 30 mars 1938, à Oinofytia, en Béotie (centre de la Grèce). Diplômé des facultés de théologie et de philosophie de l'université d'Athènes, il a ensuite fait des études de 3e cycle à l'université de Graz (Autriche), à l'université de Munich et à l'Institut d'études chrétiennes orientales de Ratisbonne (Allemagne). Après une brève carrière dans l'enseignement à l'Institut d'archéologie d'Athènes et dans des lycées d'Athènes et de sa banlieue, il prononce ses voeux monastiques en 1967 et est ordonné prêtre dans le diocèse de Thèbes, où il assumera pendant plusieurs années la charge de vicaire général diocésain et de supérieur de différents monastères, avant d'occuper les fonctions de secrétaire général du saint-synode de l'Église de Grèce, de 1978 à 1981. Le 4 octobre 1981, il est ordonné métropolite de Thèbes (siège épiscopal à Levadeia). Sous son impulsion, ce diocèse est devenu aujourd'hui le plus important de l'Église de Grèce par le nombre de prêtres diplômés de l'enseignement supérieur. Ses efforts ont également porté sur le renouveau de la vie monastique dans les six communautés de moines et dix-sept communautés de moniales du diocèse. Enfin, le métropolite Jérôme s'est largement impliqué dans la diaconie sociale, en soutenant différents programmes d'actions venant en aide aux personnes âgées, aux immigrants, aux enfants en difficulté, aux déficients mentaux, etc. Bénéficiant d'une grande influence au sein de l'épiscopat et très populaire auprès de nombreux fidèles, le métropolite Jérôme avait déjà été candidat à l'archevêché d'Athènes, en 1998, face au métropolite Christodoulos qui l'avait finalement devancé au troisième tour de scrutin.
Depuis 1981, il siégeait dans différentes commissions synodales — formation théologique, relations Église-État, relations Église et société, gestion du patrimoine de l'Église — et avait été aussi, pendant un temps, responsable de la chaîne de radio de l'Église de Grèce. Auteur de nombreux ouvrages et articles, il est docteur honoris causa de l'université de Craiova (Roumanie) et membre de la Société grecque d'archéologie. Outre le grec, il parle couramment l'anglais et l'allemand. La tâche qui attend le nouvel archevêque n'est pas mince, soulignent unanimes les journaux grecs et la presse internationale. Il devra s'atteler à la réorganisation d'une Église divisée par les luttes d'influence et assainir la gestion de son immense patrimoine foncier et immobilier, qui a été l'objet d'un vaste scandale financier, en février-mars 2005, et a conduit à la déposition de plusieurs évêques suspectés de corruption. Les observateurs attendent aussi de voir si le nouveau primat de l'Église de Grèce poursuivra la même ligne que son prédécesseur tant dans les relations avec les Églises orthodoxes locales que dans les relations interchrétiennes, notamment le dialogue avec le Vatican, vis-à-vis duquel une large part de l'épiscopat grec reste encore réservé, voire hostile. L'Église orthodoxe de Grèce compte environ 8,5 millions de fidèles, répartis en quatre-vingt diocèses et environ 7 500 paroisses. Sur le plan juridique, c'est une Église d'État dont l'organisation intérieure et les relations avec l'État sont régies par la charte de 1977. Sur le plan canonique, elle dispose d'un statut d'autocéphalie, de facto depuis 1833, mais reconnu officiellement seulement en 1850. Depuis 1928, les évêchés de la Grèce du Nord et de la Thrace (les "Nouvelles Terres") sont rattachés administrativement à l'Église de Grèce, tous en continuant à être placés sous l'autorité spirituelle du patriarche oecuménique, tandis que l'archevêché de Crète et les diocèses des îles du Dodécanèse restent sous la juridiction directe de Constantinople. L'Église de Grèce dispose d'un important service de Diaconie apostolique, qui joue un rôle missionnaire essentiel à la fois au sein de la société hellénique et dans de nombreux pays du Tiers-Monde, notamment en Afrique noire et en Asie. La formation théologique est assurée par deux facultés de théologie rattachées à l'université, l'une à Athènes et l'autre à Thessalonique. Le nombre des monastères est d'environ quatre cents.