RÉSUMÉ DE LA VIE DE PÈRE ARSÈNE<o:p></o:p>
Malgré la vénération très profonde qui se développe en Russie et à létranger, le père Arsène na toujours pas été canonisé, car son identité civile reste encore inconnue.<o:p></o:p>
Qui donc était le père Arsène? Lessentiel de sa vie et de sa personnalité nous est révélé par les différents récits. Mais comme ceux-ci nont rien de systématique, beaucoup déléments et daspects demeurent encore dans lombre. Nous espérons que de nouveaux témoignages viendront et nous apprendront ce que nous ignorons encore : le nom de famille du père Arsène, les camps où il fit enfermé et les églises dans lesquelles il a célébré.<o:p></o:p>
Le nom civil du père Arsène, cité dans la première partie Piotr Andréiévitch Streltzov est un nom demprunt. Tous les noms dans les parties I et II ont été volontairement modifiés pour éviter les poursuites dun État persécuteur. Le seul nom dont nous sommes certains est celui quil reçut lors de sa prise dhabit monastique : " Arsène ". Selon la tradition orthodoxe, seul le nom monastique est porté par le moine. Pourtant, lors de ses nombreuses détentions, seul son nom civil que nous ne connaissons pas apparaissait dans les documents officiels. Pendant un certain temps, certains ont cru que le " père Arsène " était un personnage composite, mais les témoignages plus récents de ses enfants spirituels dont nous connaissons lidentité (voir la partie III de ce livre) sont concordants et formels pour attester lhistoricité du père Arsène.<o:p></o:p>
Que savons-nous exactement ? Le père Arsène est né à Moscou en 1894. En 1911, il termine lenseignement secondaire et sinscrit à la faculté des lettres de luniversité de Moscou. En 1916, il termine ses études universitaires, mais souffre de malaises cardiaques pendant plus de huit mois. Cest à cette époque quil écrit ses premiers travaux sur lart et larchitecture russe ancienne. Au début de 1917, au terme dune recherche spirituelle, il part au monastère dOptina où il devient le disciple de deux startsi, Anatole et Nectaire. Il reçoit alors la consécration monastique, puis lordination sacerdotale.<o:p></o:p>
En 1919, le père Arsène retourne à Moscou avec la bénédiction des startsi. Il est nommé troisième prêtre dans une des paroisses de la ville. À la fin de 1921, il assume la direction de la paroisse. Durant les huit ans de son activité pastorale, il sait rassembler dans sa paroisse une communauté importante, dont il est le pasteur et le père spirituel bien-aimé.<o:p></o:p>
En décembre 1927, le père Assène est arrêté pour la première fois. Il est relégué pour deux ans dans la région dArkhangelsk. Il revient au terme de cet exil pour desservir une paroisse de la région de Moscou, au-delà de la zone interdite de 100 km de la capitale. Il est de nouveau appréhendé, en 1931, et exilé pour cinq années dans la région de Vologda. Il lui est alors permis dhabiter dans les régions de Vologda, Arkhangelsk et Vladimir, mais sans avoir lautorisation de célébrer. Il officie cependant à la maison, veillant en secret à la vie de sa communauté spirituelle.<o:p></o:p>
Le père Arsène est arrêté une troisième fois en 1939 et exilé en Sibérie et dans lOural, puis dans la région dArkhangelsk. À nouveau appréhendé, en mai 1940, il est emprisonné dans un camp de lOural. En mars 1941, il est envoyé dans un camp à régime sévère, où la correspondance et les visites de ses enfants spirituels sont quasiment interrompues. En 1942, il est transféré dans un camp " à régime spécial ", où toute correspondance et visite sont totalement interdites...<o:p></o:p>
Ce nest quau printemps 1958 que le père Arsène est définitivement libéré. Il sinstalle alors dans la ville de Rostov-le-Grand, chez Nadèjda Pétrovna. Là, grâce au dévouement de cette femme remarquable, il peut recevoir presque quotidiennement des enfants spirituels venus de toute la Russie : non seulement les premiers membres de sa communauté, mais encore des anciens compagnons de captivité et de nombreux nouveaux venus.<o:p></o:p>
Le père Assène meurt en 1975. Il est enterré au cimetière de Rostov. Une pierre tombale qui marquait lendroit de sa sépulture a disparu, enlevée probablement par les autorités.<o:p></o:p>
PÈRE BORIS et HÉLÈNE BOBRINSKOY<o:p></o:p>
(Extrait de la Préface de Père Arsène,
Passeur de la foi, consolateur des âmes,
Le Sel de la Terre/Cerf, 2002.<o:p></o:p>