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Site officiel de l'Aumonerie Militaire Orthodoxe de la LEGION ETRANGERE. Informations, Communications, Publications et Réaction, Action, Enseignement.

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UNE PERSPECTIVE ÉTHIQUE ORTHODOXE 4

IV LE RÔLE DE L’ÉGLISE

Quel sont donc finalement le rôle et la responsabilité de l’Église dans l’aide à apporter aux mourants au moment de la mort ? Nous pouvons réfléchir aux objectifs suivants, mais la liste pourrait en être beaucoup plus vaste :

1. Il nous faut tout d’abord reconnaître que le processus de mourir est un phénomène naturel dans le monde déchu et exige le respect et l’attention convenable de tous ceux qui approchent directement le malade. Les prières d’intercession, le sacrement de l’onction des malades, les visites fréquentes au mourant, devraient faire partie de la vie de la communauté chrétienne. L’une des plus grandes raisons de l’angoisse et de la souffrance morale des malades en stade terminal est la solitude et l’isolement. Pour agir dans de telles situations, la famille, les amis, le personnel hospitalier, doivent surmonter leur tendance naturelle à s’éloigner devant l’approche de la mort. Ils doivent au contraire aller vers le malade avec compréhension, compassion et amour.

2. La communauté ecclésiale peut créer un réseau de personnes aidantes composé de soignants, de prêtres et d’autres, pouvant apporter aide et conseils, par exemple lors de la prise de décisions cruciales relatives à la poursuite ou à la non-poursuite du traitement du mourant. Cela pourrait être particulièrement utile dans les cas où le médecin traitant voudrait mettre en œuvre des processus auxquels le malade ou ses représentants sont hostiles.

3. Les Églises, au niveau national et local, devraient encourager le développement de structures caritatives et de dispositifs " d’accompagnement et de soutien aux personnes en fin de vie et à leur famille ", destinés à offrir des soins palliatifs et à accompagner la vie jusqu’à son terme au niveau social, médical et relationnel, dans le but de conserver et d’accroître la dimension spirituelle de la vie humaine et du mourir. De tels programmes se sont déjà avérés utiles, en soulageant de l’angoisse qui entoure la mort les malades en phase terminal et en leur fournissant, là où ils peuvent fonctionner paisiblement et de façon créative, un environnement de soutien et un accompagnement. Que ce soit par le moyen d’institutions spécialisées ou de soins médicaux et infirmiers à domicile et la concertation médico-sociale, les programmes de soutien et d’accompagnement constituent de loin la meilleure alternative possible de l’hospitalisation. Et en réduisant de façon considérable la souffrance et l’angoisse, ils apportent des arguments importants contre l’euthanasie active.

4. Les Églises devraient en outre apporter leur soutien à certains projets législatifs relatifs à la " mort naturelle " rédigés avec soin et destinés à garantir que les malades en stade terminal ne soient pas utilisés dans un but expérimental ou soumis aux conséquences de la philosophie " vitaliste " d’un médecin quelconque. De même, elles devraient encourager une législation uniformisée relative aux " testaments biologiques " dont le seul rôle devrait être d’empêcher que l’on puisse imposer des traitements non bienfaisants ou extraordinaires. Tout cela devrait servir à protéger aussi bien la stabilité financière de la famille du malade que les droits du malade lui-même quant à l’administration de tels traitements.

5. Les Églises devraient militer avec énergie par les homélies, l’enseignement et tous les autres moyens appropriés, contre l’attitude générale aux États-Unis aujourd’hui, qui fait du serment d’Hippocrate et de la profession médicale dans son ensemble, une pure moquerie. C’est l’attitude de ceux qui prétendent que le traitement médical n’est ni un droit ni un privilège, dû et accordé par la société à ses membres, mais un " service " proposé à ceux qui ont les moyens de payer. Les États-Unis sont actuellement la seule démocratie industrielle importante n’ayant pas un service de sécurité sociale complet pour tous les citoyens. Seules les Églises ont suffisamment de pouvoir de persuasion morale pour convaincre le public et les législateurs que des soins médicaux complets sont encore plus cruciaux pour la vie sociale de la nation qu’une saine politique au plan économique et de la défense. C’est donc aux Églises de faire vigoureusement campagne pour qu’un service social et médical de qualité soit mis à la portée et à la disposition de tout un chacun.

6. Enfin, les prêtres et les pasteurs devraient proclamer dans leurs sermons et au cours de la vie liturgique de leurs communautés que Dieu est le Seigneur aussi bien de la vie que de la mort ; il est la seule source d’espoir ultime pour ceux qui sont au stade final de la maladie. Nous tous, sans exception, sommes " au stade final de la maladie ". Dès lors que nous pouvons assumer cette perspective, nous pourrons peut-être prier avec conviction et un espoir sans faille qu’il accorde à chacun de nous la grâce d’" une fin de vie chrétienne, sans douleur, sans honte et dans la paix ".

Exposé fait devant les membres de la Orthodox Christian
Association of Medicine, Psychology and Religion
à Bethesda, Maryland, le 13 janvier 1989.
Traduit par Paula Minet.
Publié dans Contacts, no. 149 (1990).

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